Houellebecq et les journalistes

Je ne pense pas que la presse fera une ode au livre de Houellebecq,  vu comme il leur taille une veste...

 

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  Je me rendais bien compte pourtant, et depuis des années, que l'écart croissant, devenu abyssal, entre la
population et ceux qui parlaient en son nom, politiciens et journalistes, devait nécessairement conduire à quelque chose de
chaotique, de violent et d'imprévisible.
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  page 34

 

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  Les journalistes, multipliant les duplex entre la rue de Solférino, la
rue de Vaugirard et le boulevard Malesherbes, parvenaient assez correctement à dissimuler le fait qu'ils ne disposaient
d'aucune information réelle.
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  page 40

 

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  Il apparut
bientôt que Mohammed Ben Abbes, même indépendamment de l'islam, avait des idées ; lors d'une séance de questions à la
presse, il se déclara influencé par le distributivisme, ce qui plongea ses auditeurs dans un ébahissement général. Il l'avait à
vrai dire déjà déclaré, à plusieurs reprises, au cours de la campagne présidentielle ; mais les journalistes ayant une tendance
bien naturelle à ignorer les informations qu'ils ne comprennent pas, la déclaration n'avait été ni relevée, ni reprise. Cette
fois, il s'agissait d'un président de la république en exercice, il devenait donc indispensable qu'ils mettent à jour leur
documentation. Le grand public apprit ainsi au cours des semaines suivantes que le distributivisme était une philosophie
économique apparue en Angleterre au début du XXe siècle sous l'impulsion des penseurs Gilbert Keith Chesterton et
Hilaire Belloc.
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  page 58

 

les intellectuels en prennent pour leur grade aussi, pauvre Houellebecq... il est pas pret d'entrée à l'accadémie...

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  L'absence de curiosité des journalistes était vraiment une bénédiction pour les intellectuels, parce que tout cela était aisément disponible sur Internet
aujourd'hui, et il me semblait qu'exhumer certains de ces articles aurait pu lui valoir quelques ennuis ; mais après tout je me
trompais peut-être, tant d'intellectuels au cours du XXe siècle avaient soutenu Staline, Mao ou Pol Pot sans que cela ne leur
soit jamais vraiment reproché ; l'intellectuel en France n'avait pas à être responsable, ce n'était pas dans sa nature.
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  page 79

 

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Un tel aveuglement n'avait rien d'historiquement inédit : on aurait pu retrouver le même chez
les intellectuels, politiciens et journalistes des années 1930, unanimement persuadés qu'Hitler «finirait par revenir à la
raison».

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  page 17

 

 

 

 

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