Où sont les parents ?

en faisant un peu de ménage, j'allais jeter de vieux articles de journaux que j'avais mis de coté: 

en voilà un, tiré du la croix du 24/25 mars 2007

que je trouve étonnamment prémonitoire. 

à retouver sur http://www.paris.catholique.fr/-Conferences-de-Careme-2007-a-Notre-.html

Dimanche 25 mars 2007
Agir : à chacun sa vérité ?

Lire la conférence de Mme Monette Vacquin, psychanaliste 

extrait:

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Tandis que les sociétés occidentales font face au déferlement d’avancées techniques saturées d’inconscient et probablement incontrôlables, de nouvelles revendications jaillissent, induites pour une part par ces dernières. Je voudrais évoquer, même brièvement, les questions soulevées par certains milieux homosexuels, à propos de l’accès à l’adoption et aux techniques de procréations artificielles pour les couples de même sexe. Ces questions font l’objet d’une surveillance idéologique pointilleuse et engendrent des susceptibilités telles qu’il est périlleux d’en formuler quelque chose, tant la dialectique à leur propos est vive, et l’accusation d’homophobie prompte. C’est précisément cette tension que je voudrais interroger. Il existe, en l’absence de toute revendication, des couples homosexuels qui élèvent des enfants, comme il existe des homosexuels adoptant. Ce qui est neuf, c’est la demande adressée à la loi, la volonté de la mettre devant ses inévitables contradictions, de la faire plier devant la toute-puissance de l’exigence masquée derrière une dialectique à la main de fer. Ecoutons-la da ns le texte chez ces théoriciens : « L’ordre procréatif » est injuste et discriminatoire, puisque seuls les couples hétérosexuels jouissent d’une totale liberté de procréer par les voies naturelles... Ces individus ne nécessitent aucune autorisation pour procréer… Dans un ouvrage au titre évocateur, Le mécano familial, un auteur suggère que « l’on impose des agréments à tout un chacun, une appréciation et un contrôle de la parentalité ». Et une autre propose « la neutralité des parents, au nom de l’égalité des sexualités ».

Neutraliser, c’est-à-dire rendre indifférent au sexe la maternité ou la paternité, qui serait pure volonté et non plus expérience liée à l’anatomie. Deux hommes, ou deux femmes, pourraient donc faire un père et une mère, non plus au regard de leur propre fantasme mais sous l’autorité du droit, donc du politique, sommé d’opérer une nouvelle déliaison, de se couper d’une des dernières évidences communes à l’expérience humaine… Et de la plus fondamentale des attaches des mots au corps.

Neutraliser les parents : Comme on le dirait d’un ennemi qu’il s’agit de rendre inoffensif. Mais alors, qu’abrite l’idéologie ? De quelle puissance imaginaire s’agit- il de se protéger, ou avec laquelle s’agirait -il de rivaliser, peut importe ? Comment ne pas en tendre gronder l’archaïque infantile dans une telle appellation ?

Comment ne pas être frappé par la répétition, dans les formes sinon dans les contenus, de bien des écrits des années 70 : même habileté rhétorique, même jouissance théorique, mêmes attaques aux certitudes subjectives que l’on croyait les mieux fondées.

L’ordre procréatif succède à l’ordre établi, la multiparentalité évoque les vieilles communautés, seule la revendication (la famille et les enfants) rend un son curieux après les revendications de sexualité subversive des années 70.

Rupture de transmission, attaque à la filiation, neutralisation de la catégorie « parents », ou encore effacement du père et de la mère : quelles conclusions tirer de la mise en relation de ces évènements ? Au moins ceci permet-il de faire émerger des lignes de forces, dessine- t –il un espace d’interrogation plus consistant que l’interminable célébration de l’avancée des connaissances ou du « droit à ».

D’un côté, la catégorie « parents », ce serait le passé, la contrainte, les interdits persécuteurs, l’objet d’un radical refus d’identification. Mais d’un autre, une catégorie dont il faut s’emparer, qu’il faut subvertir, scruter, démonter, défaire, remonter, comme pour en tirer un savoir enfin rationnel.

A regarder de plus loin, on dirait que la crise portant sur les fondements se déplace sur un investissement passionné de la question de l’origine. Comme si, interrogée au scalpel, elle allait fournir une réponse enfin scientifique à l’énigme du sujet humain.

En effet, le mode de pensée ambiant s’inspire du modèle scientifique, perçu comme le seul légitime, grâce à son efficacité opératoire, sa visibilité, ses preuves : critère qui ne trompe pas, il prend statut de référence. Une doxa expérimentaliste s’installe qu’il est vain de discuter au moyen de la raison.

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étonnamment prémonitoire, non?

et moi, je mets cette folie de la "neutralisation des parents" en parallèlles avec les profs que je rencontre et qui, eux, aimeraient qu'il y ait encore des parents..

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