Tom Boy

« Il y avait urgence à légiférer sur l'enseignement des questions de genre »

Repérée grâce à son premier film La Naissance des Pieuvres, la cinéaste française Cécile Sciamma a transformé son essai avec Tomboy. Ce film raconte l'histoire d'une jeune fille de 10 ans, Laure, qui, le temps d'un été, va se faire passer pour un garçon nommé Michaël. 

A l'occasion de la sortie en DVD du film le 21 septembre, la réalisatrice nous parle de la genèse de cette histoire pas commune, des enjeux du tournage, et de la polémique autour de l'enseignement de la théorie des genres dans les lycées français. 
Céline Sciamma, réalisatrice des films La Naissance des Pieuvres et Tomboy (TV5MONDE)
13.09.2011Par Thomas Hajdukowicz
 
Pour ceux qui imagineraient que Tom Boy ne fait pas l'apologie du genre, 
lire la suite de l'article sur http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Terriennes/Dossiers/p-17660--Il-y-avait-urgence-a-legiferersur-l-enseignement-des-questions-de-genre-.htm

juste pour info: dans cette interview, le mot genre apparait 12 fois...


Tomboy - collège au cinéma

outil au service des actions pédagogiques, et de la diffusion d’une culture cinématographique destinée à un large public.
Édité par le :Centre National du Cinéma

tomboy-de-celine-sciamma-sysnopsis.pdftomboy-de-celine-sciamma-sysnopsis.pdf

et dans le pdf précedent, le mot genre apparit aussi une bonne douzaine de fois (dans son sens "gender")

je vous conseil la page 22, où est fourni au lecteur un résumé très bien fichu des questions de genre!

la voici 'en dur' :

La nature du genre, 
sexe et identité
« Cette symbolique des genres, du masculin et
du féminin, existe dans toutes les sociétés humaines ; elle est ce par quoi la culture accorde sens à
la caractéristique de l’espèce vivante que nous
sommes »
1
Les études qui traitent du genre expriment les
différences homme-femme comme inhérentes à
l’élaboration d’une culture (fonctions, valeurs,
attributs, tâches, rôles). Le sexe est naturel, le genre
est culturel.
Si Simone de Beauvoir dans son Deuxième sexe
ou Virginia Woolf dans Une chambre à soiabordent les inégalités entre le sexe dit fort et celui dit
faible, les deux écrivaines reprennent une histoire de l’humanité pour comprendre le rôle des
femmes dans leur époque. Elles saisissent surtout
qu’au cours des siècles, la femme ne s’est déterminée que par rapport à l’homme, jamais par rapport
à elle-même (« on ne naît pas femme, on le
devient »,Simone de Beauvoir). C’est la civilisation qui construit la personnalité féminine (et son
destin) en imposant des adjectifs qui définissent
son altérité (alors que l’hommeest Un) : faiblesse,
frivolité, coquetterie, légèreté, jalousie, infidélité,
inconstance. Les féministes, via les suffragettes
anglaises du siècle dernier, ont donc fait réfléchir
quant à cette inégalité qui se fonde sur l’éducation. Cette dernière oriente la fille vers des amusements qui doivent surtout la préparer à son
rôle de mère. Mais si la gamine est tournée vers
l’intérieur et les tâches ménagères, le garçon est
éduqué suivant ce qui le différencie de sa consœur :
il jouera plus facilement dehors, sommé enfin de
se surpasser, de conquérir et d’accomplir des exploits. Représentations et valeurs dominantes ont
dès lors été régulièrement remises en cause tout au
long du XX
è
siècle (en politique notamment).
Cependant la question du genre comme celle du
sexe social (« différenciation et hiérarchisation
des sexes justifiées par une prétendue différence
naturelle »2), développées par la philosophe Judith
Butler dans les années quatre-vingt-dix, vient des
gender studiesimportées des pays anglo-saxons
3
.
Comme l’explique Elsa Dorlin dans Sexe, genre et
sexualités(PUF, coll. Philosophies), cette notion fait
florès dans les sciences sociales mais trouve son
origine dans des questions médicales sur l’hermaphrodisme ou l’intersexualité. La polémique de
septembre 2011 visant l’école et les manuels scolaires consacrés aux sciences de la vie et de la terre
a permis de relancer encore cette question manifestement brûlante en France. Le chapitre de ces
manuels « Devenir homme ou femme », qui distingue identité biologique (naturelle), identité
sexuelle (liée à la culture) et orientation sexuelle
(personnelle), a suscité des protestations. Ce chapitre « sulfureux » explicite les différences et dit
qu’il ne faut plus « distinguer l’homme et la femme
sur une simple histoire de chromosomes, mais
entrer dans la complexité et prendre en compte le
rôle de l’éducation et des facteurs sociaux dans la
construction de l’identité sexuelle. »4Notons qu’en
revanche, c’est bien à Sciences-po qu’un vrai programme sur les gender studies a vu le jour à la
rentrée 2011 : les étudiants sont appelés à commenter « les schémas de pensée sexistes et les
inégalités homme-femme au prisme du droit, de
l’histoire, de l’économie et la politique. »
5
On peut enfin évoquer le cas de la Suède, où toutes
ces questions sont très débattues. Une crèche de
Stockholm qui a pour nom Egalia a banni les pronoms féminin (hon) et masculin (han), pour choisir d’utiliser un pronom neutre (hen) qui gomme
la différenciation sémantique. Selon la directrice :
« Nous ne nions pas l’existence du sexe biologique
de l’enfant. Nous disons seulement que nous
sommes tous des individus très différents et que
les enfants ne doivent pas se sentir limités par leur
genre. »6
Cette position ne fait évidemment pas
l’unanimité en Suède… On notera encore que la
langue allemande réserve aussi des surprises aux
jeunes élèves français lorsqu’ils découvrent que
si le garçon est bien masculin (der Jungeou der
Knabe), la petite fille n’a pas droit au féminin die,
mais au neutre (das Mädchen)…

1) La sociologue Irène Théry, Esprit n°10, mars 1997.
2) Sophie Lherm, «Féminin/Masculin : pourquoi la question
du sexe est politique ?», Téléraman°3178, 11 décembre
2010.
3) « Sacré renversement ! Hier honni et présenté comme
le synonyme des dérives du politiquement correct et du
communautarisme à l'américaine, le genre est aujourd'hui
légitime. » S. Lherm, op.cit.
4) Erwan Desplanques, « Une polémique d’un mauvais
genre », Téléraman°3217, 10 septembre 2011.
5) E. Desplanques, op. cit.
6) Propos recueillis par Anne-Françoise Hivert dans son
article de Libération(20 mars 2012), qui nous apprend que
ce pronom hena été créé dans les années 60 « par un
journaliste las de recourir à la formule peu élégante il/elle.»

 


 au cas où, les "officiels" confirment: 

 

 


 

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